la Roulière

Extrait du cadastre de 1813 - Voultegon, section E2


EPOQUES & HYPOTHESES

Fortifications du XVI°s.

En 1550 : « ... le château de la Roulière, déjà ancien, reçoit un complément de fortifications, canonnières, grilles aux fenêtres... »
Sébastien de Pouillé, seigneur de la Roulière complète donc les fortifications XV°s.
Certaines grilles encore présentes aux fenêtres sont probablement de cette époque si l'on en juge par leurs caractéristiques, matériaux et mise en œuvre. Des bouches à feu à la forme très particulière et peu courante sont en place sur le mur nord du bâtiment est, sous la bretèche défendant une porte principale. On trouve également d'assez nombreuses portes à arc en accolade, de différentes factures.
Les traces du passages des flèches du pont levis sont clairement visibles au dessus de la porte piétonne, tout comme la réservation des tambours des herses de la porte principale et de la porte piétonne. Quelques archères subsistent également dans l'escalier à l'angle des bâtiments sud et ouest.

Campagne de travaux du XVII°s.

En 1650, Jean Richeteau seigneur de la Roulière, conseiller au présidial, maire de Poitiers, fait restaurer la chapelle (Au pays Argentonnais, Glanes d'histoires régionales, T. XI Voultegon par l'Abbé G. Michaud) De nombreuses traces de cette campagne de travaux sont encore visibles. Le plafond de l'étage du bâtiment sud est couvert d'un plafond en peuplier caractéristique de cette période. Un autre plafond est construit sous la charpente sculptée, au dessus de la pièce principale. Les accès sont modifiés si l'on en juge des baies murées, notamment au sud et au nord, une porte à fronton et coquilles à priori renaissance est probablement également déplacée. L'escalier à vis est implanté dans un volume vertical à côté de la pièce principale. Cette pièce principale aux larges baies verticales et à la volumétrie particulière aurait pu être la chapelle, le volume de l'actuel escalier à vis, celui d'une sorte de campanile.

La ferme sous la révolution puis aux XIX et XX°s.

La Roulière, loin de la rivière, probablement masquée à l’époque par une forêt, est une des rares maisons à être épargnée par les colonnes infernales de 1793. Les pierres brulées sont rares et très localisées. Après 1850, l’aile Est est détruite et remplacée par des étables et une grange, les douves sont comblées. La tour sud visible sur le cadastre Napoléonien, dont un arrachement est encore clairement marqué, est également détruite. La Roulière est alors occupée par les agriculteurs exploitant les terres.

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Photographies extraites de la monographie de l'Abbé G. Michaud disponible à la Drac Poitou-Charentes : La grande Roulière - Voultegon

Hypothèse sur l’origine du XII°s.

Si la maison est attestée dès le XV°s, son origine semble être plus ancienne. Les arcs en plein cintre, la taille des encadrements, la disposition de certains éléments de la construction sont autant d'éléments caractéristiques de l'architecture du XII°s.
En 1194, Radulphus de Bello-Loco (Radulfus Ardens - Raoul Ardens) théologien, philosophe et encyclopédiste, Chapelain de Richard Coeur de Lion, entreprend de faire construire une demeure d’agrément à son retour de la troisième croisade.
Originaire de Beaulieu-sous-Bressuire, parti simple étudiant, probablement revenu accompli, il ne laisse de trace connue dans aucune des anciennes maisons de la région.
L'évolution étymologique de Roullère comme en atteste le nom de la maison au XV° s. -Roullère Gourfault- , pourrait laisser penser à la mutation de Raoulère (Raoul 1 ere ) à Roulière en passant par Roullère. Suivant les époques, la Roulière appartenait à la commune de Beaulieu (Bello Loco) ou de Voultegon.